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Intercommunalite articleEn préambule, quelques principes d’action :

  • Repousser les « limites » de chaque bibliothèque tout en ne perdant pas de vue la nécessaire proximité de chacune d’entre elles avec son public,
  • Rechercher l’équité entre individus, populations, collectivités,
  • Œuvrer pour une plus grande solidarité,
  • Définir des complémentarités : entre activités, entre compétences, entre fonds.

 

 

 

Intercommunalite articleEn préambule, quelques principes d’action :

  • Repousser les « limites » de chaque bibliothèque tout en ne perdant pas de vue la nécessaire proximité de chacune d’entre elles avec son public,
  • Rechercher l’équité entre individus, populations, collectivités,
  • Œuvrer pour une plus grande solidarité,
  • Définir des complémentarités : entre activités, entre compétences, entre fonds.

 

 

 

Enrichir l’offre documentaire

Enrichir l’offre documentaire

La constitution d’un catalogue unique recensant l’ensemble des ressources de toutes les bibliothèques doit permettre :

  • d’identifier l’offre d’un territoire donné,
  • de localiser les documents,
  • de réserver des ouvrages à distance.

A savoir

Chaque bibliothèque du réseau doit disposer d’un fonds de base, indispensable pour répondre aux besoins immédiats de la population à desservir, liés aux enjeux de proximité. Cependant, dans le cadre d’une réflexion concertée sur les acquisitions, chaque bibliothèque doit  réfléchit en termes de diversification, de complémentarité et éventuellement de spécialisation des collections : éviter les doublons inutiles mais pour autant certains documents doivent être présents, en plusieurs exemplaires dans l’ensemble du réseau, développer des fonds thématiques, préalablement définis en commun.

L’enrichissement de cette offre faite aux usagers n’a de sens que si l’on facilite l’accès aux documents. Les outils de cet accès sont :Intercommunalité article

  • le catalogue unique, informatisé, en réseau, accessible à partir de n’importe laquelle des bibliothèques du réseau,
  • la carte unique de lecteur, avec les mêmes conditions d’inscription d’une bibliothèque à l’autre, ce qui implique nécessairement une harmonisation des tarifs d’abonnement.

Deux solutions s’offrent alors :

  • ou l’usager se déplace jusqu’à la bibliothèque détentrice du document souhaité et le rapporte soit à la bibliothèque d’emprunt, soit dans n’importe quel point du réseau,
  • ou le réseau se charge d’apporter à l’usager le document préalablement réservé dans la bibliothèque où il est inscrit. Le document pourra alors être restitué soit à la bibliothèque d’emprunt soit dans n’importe quel point du réseau.

Les modalités de prêts de documents entre bibliothèques, droits et devoirs de chacune d’entre elles … sont à définir dans le cadre d’un règlement précis. C’est cette formalisation qui garantit le fonctionnement en bonne intelligence et en confiance des modalités mises en œuvre. 

Animer et promouvoir

Animer et promouvoir

Il y a là un enjeu de visibilité essentiel pour l’EPCI car cela participe de la construction d’une identité territoriale. A cet égard, la communication autour des actions mises en œuvre est déterminante dans la sensibilisation du public.

Intercommunalité article 3Cela « cimente » le réseau des bibliothèques qui dès lors apprennent à travailler ensemble, élaborent un projet commun de plus grande envergure que ce qu’elles pourraient faire toutes seules, se « frottent » les unes aux autres, et ainsi facilitent le déplacement de leurs usagers d’un point à l’autre du réseau.

Cela induit une véritable économie d’échelle : soit l’intervenant séjourne plusieurs jours et se déplace d’un point à l’autre (un seul déplacement financé), soit l’action, de plus grande envergure, s’inscrit dans une action  et une communication d’ensemble beaucoup plus « efficaces » se prêtant à une mutualisation des moyens.

C’est dans ce cadre que peut être envisagé le recrutement d’un personnel intercommunal en charge de la promotion et de l’animation de ce réseau  de bibliothèques. Mission assez polyvalente, qui permet d’apporter conseils et soutien technique aux équipes locales de chaque bibliothèque. Sans interférer ou s’immiscer dans la gestion quotidienne de chaque bibliothèque, il peut aider à la mise en place progressive du catalogue commun, concevoir les programmes d’animation et de formation à l’échelon communautaire, coordonner et valoriser l’activité de chaque bibliothèque par des actions de communication appropriées.

Là encore, la mutualisation des moyens permet de penser en termes de mobilité et de professionnalisation des pratiques, pour une élévation du niveau de service rendu aux usagers. Cf. MOTS CROISES n° 17. in Dossier « Bibliothèques rurales : le professionnel en partage, et si l’on osait une définition ? »

A savoir

Toutes les animations de la bibliothèque ne rentrent pas forcément dans ce cadre :

  • les animations régulières (heure du conte, présentation de nouveautés, accueils de classe) restent pleinement du ressort de la commune.
  • les animations ponctuelles peuvent par contre être pensées à l’échelon intercommunal : soit un même événement qui se déplace dans chaque bibliothèque du réseau, soit une action globale répartie sur les différentes bibliothèques du réseau, par exemple pour Le printemps des Poètes.

Innover

Innover ou proposer de nouveaux services à l’usager

La mise en commun des moyens (humains, matériels, financiers, logistiques) doit permettre de promouvoir de nouveaux services à l’usager. L’accès à un catalogue unique est déjà en soi un service innovant. Mais il est d’autres services qui ne peuvent que difficilement être mis en œuvre à l’échelon communal et qui tirent le meilleur profit de la mutualisation des moyens et d’un partage concerté des domaines de responsabilités.

C’est notamment tout ce qui concerne l’accueil ou le service rendu à des publics spécifiques

La petite enfance

Au delà d’une offre de base présente dans toutes les bibliothèques, il peut être pertinent de développer dans une bibliothèque un fonds et un accueil spécialisés ouverts conjointement aux parents, enfants et personnels petite enfance (assistantes maternelles).

Les mal voyantsIntercommunalité article 4

Des livres en gros caractères dans chaque bibliothèque ; mais on peut aussi imaginer accroître l’offre en faisant une place de choix dans une des bibliothèques aux livres cassettes (bibliothèque sonore) ou au matériel de lecture (ordinateur ou logiciel adaptés) conçus pour les mal voyants.

L’information courante du « citoyen »

Sorte de « kiosque » vie pratique, services, loisirs etc.

Le multimédia

C’est un très bon exemple pour la mutualisation des moyens. Toutes les bibliothèques peuvent être équipées d’accès Internet ou multimédia mais l’une d’entre elles peut être plus spécialisée dans les actions de formation à destination des usagers comme des bénévoles de la bibliothèque, constituer un fonds susceptible de « tourner » dans chacune des bibliothèques du réseau à la demande, mettre en place des ateliers de création ou d’animation etc.

Le portage des livres à domicile

De plus en plus de bibliothèques y songent mais ont un peu de mal compte tenu de la disponibilité de leurs équipes. Le catalogue unique permet de rendre accessible l’offre et de concevoir un service de ce type à l’échelon intercommunal.

C’est encore de nouveaux modes de fonctionnement dans les bibliothèques associées :

  • sélection et acquisition de documents. Personne n’est spécialiste de l’ensemble des contenus ; l’échange de compétences, de connaissances, est une valeur ajoutée pour la gestion des acquisitions.
  • traitement intellectuel et matériel des documents : certaines de ces tâches peuvent être traitées à l’échelon intercommunal, c’est-à-dire partagées entre les différentes bibliothèques, par exemple en fonction de leurs pôles de compétences.
  • ressources humaines : salariés et bénévoles font partie d’une même communauté de personnes, chacun à son endroit. La communication entre les équipes, le cumul de compétences et des savoir-faire, la mobilité de certains personnels (bibliothécaire intercommunal) sont garants d’un service de qualité nourri de l’expérience et de l’apport de chacun.
  • gestion informatique : économie de moyens, d’énergie et mutualisation des coûts d’administration des systèmes.

Conclusion

Conclusion

La bibliothèque est un service public chargé de répondre aux attentes et besoins des usagers en matière d’information, de formation, de culture et de loisirs. Le souci premier doit donc être l’usager et à ce titre, l’intercommunalité doit permettre d’offrir un meilleur service aux usagers que celui qu’une commune, seule, peut offrir à ses administrés. Enrichir l’offre documentaire, animer et promouvoir, proposer de nouveaux services aux usagers sont des axes qui s’inscrivent pleinement dans cette logique de proximité, d’équité, de solidarité et de complémentarité. Tout ce qui peut être mis en œuvre ne doit pas déroger à ces principes ; l’ensemble des modalités de fonctionnement doit cependant être formalisé dans un cadre contractuel précis et concerté.

N’éludons pas pour autant le point de vue des parties en présence :

  • les élus. Pour eux, l’intercommunalité doit être une alternative (ce qui suppose un choix) conciliant les besoins du public (leurs administrés) et les réalités économiques (faiblesse des moyens de chacun). Elle ne doit jamais  se développer au détriment de la proximité ; tous les points du réseau sont conservés et, si nécessaire, renforcés. Ajoutons à cela que l’intercommunalité donne une visibilité plus grande aux actions engagées, d’autant qu’elles peuvent se permettre d’être de plus grande envergure et qu’elles font souvent l’objet d’une communication plus efficace.
  • les personnes qui travaillent en bibliothèques, bénévoles et salariés. Pour elles, l’intercommunalité doit être pensée en termes d’amélioration du service aux usagers, objet premier de leurs préoccupations. Ceci dit, elle induit un partage de compétences et une mise en perspective du fonctionnement de la bibliothèque :  sans doute faut-il accepter de se dessaisir de tâches que d’autres font à leur endroit au profit de tâches plus spécialisées, sans doute  faut-il renoncer à certaines espaces d’autonomie mais pour en découvrir d’autres, sans doute faut-il repenser la notion même de propriété des collections patiemment constituées au fil des ans et qui deviennent  le bien commun d’un public élargi.

Intercommunalité article 5C’est une autre dynamique dont le maître mot doit être la solidarité, le partage, l’échange de savoir-faire, la proximité avec chaque lecteur et un questionnement fondamental sur ce qu’est une bibliothèque, les services qu’elle doit rendre et le réseau auquel elle appartient, proche ou lointain, et dont le S.L.L. sera toujours le partenaire. Le public ignore les frontières communales, dans ses déplacements comme dans ses comportements : il va là où à moindre distance, il peut jouir d’une offre de bibliothèques satisfaisante, régulièrement actualisée, renouvelée, attractive : l’usager veut avoir accès à ce qui l’intéresse. Le reste nous incombe : la mise en œuvre d’un fonctionnement lui permettant d’atteindre cet objectif.

L’intercommunalité est un rendez-vous avec la modernité. Mais pour être porteuse d’avenir et déboucher sur une amélioration de l’existant, elle doit reposer sur un projet commun et une formalisation, en amont, des objectifs et modalités de sa mise en œuvre. C’est à ce titre qu’elle constitue pour les bibliothèques une nouvelle aventure et un défi que nombre d’entre elles voudront relever, pour le plus grand profit de leur public.