Les ados et la lecture, toute une histoire !

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Les ados et la lecture Diaporama

Retour sur le 14 mars à Fontaine-de-Vaucluse…

Le 14 mars s’est tenue au Centre Départemental de Plein Air et de Loisirs (CDPAL) de FONTAINE-DE-VAUCLUSE une journée intitulée « Les ados et la lecture, toute une histoire ! ». Conjointement ouverte aux bibliothécaires, enseignants et professeurs documentalistes du département, elle a permis d’ouvrir le champ  d’un nouveau chantier, celui  du  rapport que les adolescents entretiennent avec la lecture.

C’est Agathe Kalfala de l’association et revue du même nom, Lecture Jeunesse, qui a animé la matinée. Après une conférence introductive, c’est autour d’une table ronde que se sont retrouvés plusieurs acteurs du livre et de la lecture vauclusiens pour apporter leurs témoignages sur quelques actions exemplaires :

  • Aurélie BALAS, bibliothécaire à la Médiathèque de Pernes-les-Fontaines, pour l’organisation au Collège d’un « chocolat littéraire »,
  • Danielle Bruel : Le Goût de lire en Pays d’Apt pour le travail initié avec des élèves du Lycée professionnel lors de l’organisation d’un Salon du livre à Apt,
  • Florence Charravin, Inspectrice de l’Education Nationale en lettres pour la systématisation de la mise en place du ¼ d’heure de lecture dès la rentrée scolaire prochaine,
  • Hélène Delbart, pour la multiplicité et la diversité des actions menées par l’association Grains de lire, petites graines semées tout au long de l’année pour promouvoir la lecture et la complémentarité des acteurs entre eux,
  • Lucie Auzet, bibliothécaire Jeunesse au SLL, pour évoquer un projet mené au Collège de la Tour d’Aigues avec les Nouvelles Hybrides et la création de « Zones libres de lecture ».

L’après-midi , Hélène Delbart (Grains de lire) et Danielle Bruel (Le Goût de lire en Pays d’Apt)  ont proposé aux participants d’expérimenter en tant que tels  la mise en œuvre d’un atelier d’écriture. En effet, dès la prochaine  rentrée scolaire, le Département lancera une opération grand format d’ateliers d’écriture, intitulée « Tous à la page »,  ouverte à tous les collèges  du département. Cette journée fut donc également l’occasion d‘une première communication sur ce nouveau projet.

Que retenir de cette journée ?

Que l’adolescence est un âge de grand chambardement où on essaye de se démarquer de ses parents, où le corps et ce qui passe dans la tête changent beaucoup… La lecture peut être une clé pour comprendre le monde et mieux se comprendre soi. Mais derrière le « j’aime pas lire », beaucoup de choses sont à dépasser. A commencer par le fait que pour les adolescents, lire signifie lire des romans, si possible classiques…

En fait, une des manières d’aborder la question de la désaffection observée à cet âge vis-à-vis de la pratique de la lecture est sans doute d’inverser la question : pourquoi liraient-ils ? En d’autres termes, qu’est-ce qui est susceptible de les attirer dans la lecture ?

On est souvent dans le jugement (de valeur) mais lisait-on plus auparavant ? - Pas si sûr. Il suffit pour s’en convaincre de regarder l’infographie proposée sur le site http://allezvousfaire lire.com à l'adresse https://bit.ly/2IcdHdK

En outre, si les ados lisent peut-être moins, ils ne sont pas les seuls. Cf. les enquêtes IPSOS/ CNL qui observent que toutes les tranches d’âge lisent moins. La dynamique de la lecture est globalement en baisse et le principal motif avancé est le manque de temps.

Comment classent-ils leurs loisirs ?

En première position,  ils privilégient « sortir avec des amis ». Rien de nouveau car on sait combien l’adolescence est l’âge clé où construire sa place dans une communauté qui vous ressemble et qui vous reconnaît comme un de ses membres. A cet égard, on observera l’importance de la recommandation entre pairs, mode de médiation privilégié par les booktubeurs, les discussions ou échanges en ligne…

En deuxième position, ils disent « lire un livre ». La lecture n’a donc pas complètement disparu de leurs centres d’intérêt et force est de constater que sur toutes les tranches d’âge observées, ils lisent plus tôt plus qu’auparavant ! Mais à 12/13 ans, la chute est cependant « vertigineuse » alors même que ces mêmes adolescents  estiment qu’il est important de lire et sont tout à fait conscients qu’ils passent beaucoup de temps à faire autre chose. On observe également une nette différenciation entre garçons et filles. Qu’est-ce que cela signifie pour un garçon « aimer lire » ? Pour lui, rien d’évident dans cette représentation symbolique ;  il nous faut donc penser à l’image que la lecture, exercice solitaire et posé (parfois imposé), renvoie. Il nous faut également mesurer la nature de l’angoisse que peut générer le fait de se retrouver en face de soi. Cf. Michèle Petit. La lecture, à bien des égards,  est un acte qui isole, et ce à un âge où l’on ne veut pas se sentir isolé et coupé de ses pairs.

Que lisent les adolescents d’aujourd’hui ?

Au Top de leurs lectures, on retrouve des récits inspirés de jeux vidéo (Frigiel et Fluffy), Le journal d’un dégonflé, sorte de journal illustré qui met en scène un héros du quotidien, Everything, everything, qui délivre un message optimiste au héros malade, Treize raisons, inspiré d’une série Netflix, La passe-miroir, trilogie très créative et ambitieuse etc.  Les adolescents vont donc d’emblée vers des « produits » qui leur parlent. Les éditeurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés au premier rang desquels Le Seuil, Gallimard, Slalom, Albin Michel et Michel Laffon.

Un constat néanmoins : en 10 ans, les « classiques » ont disparu de leurs Top ten ! On est donc  passé d’une littérature francophone de type patrimonial à une littérature mondialisée, « produite en temps réel » ! cf. Laurent Bazin.

Les filles continuent de privilégier les romans puis les BD et les mangas. Les garçons quant à eux mettent en premier les BD, les mangas et en dernier lieu les romans. Les grandes tendances observées nous conduisent au cinéma (récits adaptés au cinéma) ou aux recommandations de You tube, très influent depuis 5 ans et plus récemment à la plateforme Wattpad, qui gagne en audience chaque jour et va créer sa propre maison d’édition.

Leurs centres d’intérêt sont donc : l’humour, les jeux vidéo, les mangas, la musique mais aussi le phénomène transmédia, la fan fiction. De nouveaux types de lecture certes mais une approche de la lecture qui ne renie rien de ce que génère l’acte de lire et met en évidence  la multiplicité des liens créés au travers de cet acte.  On observe également  l’intérêt des adolescents pour tout ce qui touche aux coulisses du récit, l’envie de participer, d’être acteur  et les liens étonnants créés  avec ceux qui écrivent ces récits, ceux qui le transmettent, ceux qui ont lu le livre ou le liront. C’est dire l’importance de la médiation.

Quelle médiation ?

Les médiateurs que sont les enseignants, les bibliothécaires, les parents etc. se trouvent donc « débordés » de toutes parts  par de nouveaux types de médiation qui néanmoins obéissent aux lois du genre : la recommandation entre  pairs. Ils doivent donc s’interroger sur leurs critères, les règles implicites ou explicites qu’ils mettent en œuvre dans leur manière d’approcher les adolescents et retrouver une légitimité en partie perdue dès lors qu’elle emprunte des chemins jugés trop « classiques » et pour partie inadaptés à ce lectorat.

Supports et enregistrements

 pdfDiaporama de la conférence d’Agathe Kalfala7.96 Mo

Enregistrements

Matin

Intervention d'Agathe Kalfala

Table ronde

Après-midi

Ateliers et conclusion

 

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